Débuts de la crise anglophone dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest
À partir d’octobre-novembre 2016, des avocats puis des enseignants anglophones des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest font grève pour protester contre l’affectation de magistrats et d’enseignants francophones ne maîtrisant pas la common law ou l’anglais dans leurs juridictions et établissements. La répression de ces mouvements, des arrestations et une coupure d’internet dans les deux régions (janvier-avril 2017) durcissent le conflit, qui débouche sur la proclamation séparatiste d’un « Ambazonie » le 1er octobre 2017.
Ce sujet fait l’objet de plusieurs lectures. Camerpedia les présente toutes, à égalité, sans en privilégier une.
Note historiographique
Les lectures de la crise divergent fortement. Les autorités camerounaises y voient d’abord des revendications corporatistes détournées par des groupes armés séparatistes qualifiés de terroristes ; des organisations humanitaires internationales et une partie de la presse et de la société civile anglophones l’analysent comme l’aboutissement de décennies de marginalisation perçue des régions anglophones, aggravée par une réponse sécuritaire disproportionnée.
Des revendications corporatistes détournées par des séparatistes armés
Le ministère de la Communication et les autorités camerounaises présentent la crise comme née de revendications légitimes mais ponctuelles d’avocats et d’enseignants, rapidement instrumentalisées par des groupes armés séparatistes qualifiés de terroristes, contre lesquels l’État mène une action de sécurisation tout en offrant un cadre de dialogue, dont le statut spécial de 2019.
Un conflit armé né de décennies de marginalisation perçue
Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies situe l’origine de la crise dans des griefs anciens des populations anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest quant à leur place dans l’État camerounais, et documente depuis 2017 un conflit armé marqué par des déplacements massifs de population et des exactions attribuées tant aux groupes séparatistes qu’aux forces de sécurité.
Une partie de la presse et de la société civile anglophones camerounaises insiste sur le caractère d’abord identitaire et institutionnel de la crise — défense du système juridique de common law et du système éducatif anglophone — né bien avant 2016, et met en garde contre une lecture uniquement sécuritaire qui, selon elle, a aggravé le conflit plutôt que de le résoudre.
Média ou recherche établisThe Guardian PostPublié le 4 sept. 2026Vérifié le 4 sept. 2026